Parcours

Ingénieur civil de formation, je n’étais pas spécialement destiné à m’investir en politique. Du moins, je ne l’avais jamais vraiment envisagé, même si mon projet, en tant qu’étudiant ingénieur, était déjà de m’engager dans une fonction d’intérêt collectif ou de développer ma propre entreprise.

C’est en m’engageant dans le mouvement étudiant que j’ai été amené à m’intéresser de plus près à la politique. Je me rappelle fort bien du jour où, après un examen de 1ère candidature (à ce moment-là, on ne disait pas encore “bachelier” …), un copain de quelques années mon aîné m’a proposé de m’investir au cercle des ingénieurs (l’AEES), pour m’occuper de la maison que le cercle possédait dans le petit village de Peyresq (Hautes Alpes). J’étais loin de me douter que je mettais là le doigt dans un engrenage qui allait m’amener, après la présidence de mon cercle puis de la Fédération étudiante de l’ULg, à présider la FEF (Fédération des Etudiants francophones) pendant une année qui allait s’avérer bien mouvementée et qui, in fine, changerait le cours de ma vie.

Car en 1994-1995, on a beaucoup manifesté ! Le décret fort contesté du Ministre Lebrun a mobilisé les étudiants contre lui. En quelques mois, il a fallu communiquer, manifester, négocier … Un combat qui aboutira notamment, au-delà des discussions sur l’objet même du décret, à la reconnaissance structurelle de la concertation étudiante sur tous les sujets qui les concernent. Au terme de cette année d’immersion, j’étais décidé à poursuivre un engagement de type politique, mais je ne voulais pas m’engager tout de suite dans un parti, ce qui aurait pu apparaître comme une récupération partisane d’un mouvement d’une ampleur considérable. J’ai donc terminé mes études, me suis marié, et suis entré dans la vie dite active.

En 1997, j’ai choisi de rejoindre Ecolo. En pleine phase d’ouverture au travers de ses Etats Généraux de l’Ecologie Politique et sous l’impulsion de Jacky Morael et d’Isabelle Durant, le parti ouvrait portes et fenêtres, renouvelait son programme et se préparait tout doucement à l’incroyable victoire de 1999. Je me suis investi comme militant : dans ma locale, en mettant sur pied un groupe de travail “Politique de jeunesse”, en étant délégué au Conseil de fédération du parti etc. J’ai pu ainsi découvrir, petit à petit, toute la richesse de la démocratie interne d’un parti décidément pas comme les autres.

En 1999, 3ème candidat sur la liste régionale pour l’arrondissement de Liège, j’étais élu député wallon. Ma vie professionnelle d’ingénieur, après 4 années d’investissement à l’université et dans des projets de recherche, bifurquait ainsi complètement, puisqu’un mandat de parlementaire à Ecolo implique de s’y consacrer à temps plein. Dans la suite logique de mon implication étudiante, je me suis investi principalement dans les matières de l’éducation et notamment de l’enseignement supérieur, avec en particulier toute la réforme de Bologne (voir notamment le rapport que j’ai eu l’occasion de cosigner à ce sujet, après une longue série d’auditions).

En 2003, Jean-Michel Javaux, Evelyne Huytebroeck et Claude Brouir me demandaient de devenir leur chef de cabinet. Ils venaient d’être élus Secrétaires fédéraux d’un parti un peu groggy par un score catastrophique après une dure participation gouvernementale d’Ecolo à tous les niveaux de pouvoir et qui voyait ses moyens réduits de presque 2/3. Les premiers mois furent difficile pour tout le monde. Mais l’ensemble des mandataires et des militants ont reconstruit progressivement et il nous est rapidement devenu évident que les priorités d’Ecolo, celles du développement durable et de la solidarité au cube (c’est-à-dire pas seulement ici et maintenant, mais aussi avec les pays en développement et avec les générations futures) étaient devenues d’une actualité centrale, un enjeu tel que tout le monde allait devoir, très rapidement les affronter de face. Alors nous avons approfondi notre travail d’analyse, affiné nos propositions et nous sommes convaincus, aujourd’hui, de proposer un vote on ne peut plus utile à l’électeur. L’urgence climatique implique une réorientation profonde de notre économie, bien au-delà de la seule écologie des discours et des plateaux de télévision. C’est un défi pour tous les hommes et toutes les femmes de notre génération, qu’ils soient en politique ou ailleurs. C’est notamment ce que Jean-Michel a tenté de démontrer dans le livre qu’il vient d’éditer aux éditions Luc Pire.

Cette découverte progressive de l’écologie, dans toute sa pertinence et les réponses qu’elle peut apporter aux problèmes de notre époque, est ce qui motive mon engagement en politique. C’est un engagement qu’il est d’ailleurs pratiquement impossible de dissocier de la sphère privée, parce que dès que l’on réfléchit à la manière dont on vit, on se déplace, on se chauffe, on voyage, on mange … on découvre autant de leviers d’action. C’est ainsi par exemple que je me suis aussi fort investi dans la rénovation écologique de notre maison, en cherchant à utiliser le plus possible les techniques écologiques : chaudière à pellets, panneaux solaires, épuration par lagunage, récupération de l’eau de pluie, isolation en matériaux naturels etc. C’est passionnant et très motivant … même si ça prend du temps !

Pour en revenir à la politique, je suis convaincu qu’Ecolo est indispensable, aujourd’hui à la vie politique belge. Car les problèmes environnementaux ne sont pas juste une “couche” de problèmes supplémentaire à traiter comme les autres : tout est lié ! Le social et l’environnemental, l’économique et l’environnemental ; il n’est pas possible de traiter les questions environnementale s’en s’occuper en même temps de tout le reste. L’expertise d’Ecolo dans ces réflexions et l’aboutissement de nos propositions, notre capacité à pratiquer la politique autrement et la vision très participative que nous avons de la société sont aujourd’hui nécessaires pour inventer de nouvelles méthodes, de nouvelles approches et des politiques ambitieuses.

Aujourd’hui, j’a la chance de pouvoir défendrenos convictions au parlement dans le groupe Ecolo/Groen commedéputé fédéral.

Vous pouvez également trouver ici un CV plus formel : 0705-cvphh.doc

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