Philippe HENRY, Député fédéral Ecolo

Assurances hospitalisation : Vaudeville autour d’un mauvais projet

mars 19, 2009 · Un commentaire

hospitalisationPour la deuxième fois en une semaine, la Chambre avait à son ordre du jour cet après-midi le vote sur le projet de loi concernant les assurances hospitalisations. En effet, lors d’une première tentative jeudi passé, la Chambre n’avait pas pu adopter ce – mauvais – projet en raison de l’absence de nombreux députés de la majorité.  Ce scénario déplorable s’est reproduit ce mercredi ! Faute à nouveau de quorum malgré deux essais à 14h30 puis 15h30, le point est à nouveau reporté, cette fois à la séance de ce jeudi.  Faut-il s’attendre à un tel mépris du parlement pendant la période de campagne qui commence à peine ?

Au delà de ces péripéties parlementaires, le dossier « assurances hospitalisation » est un dossier très sensible, car nous connaissons tous des situations dramatiques lorsque des assurés ont été confrontés à des hausses de tarifs brutales et très importantes. Il y a eu dans certains cas des primes multipliées par 3, 4, 5 !  Le projet du gouvernement annonce viser à « réparer » la loi de 2007, mais il a été écrit essentiellement pour les assureurs et ne garantit pas la protection des citoyens face à ces dérives.

Une pétition, lancée par Test Achats, a rassemblé 40.000 signatures et a été déposée dans les mains du président de la Chambre la semaine passée.  Sur base de cette pétition, j’ai au nom du groupe Ecolo-groen ! demandé le renvoi du texte en commission ou, à défaut, l’adoption de multiples amendements.  Hélas, ceux-ci ont été rejetés par la majorité.  Ils visaient notamment à ce que :

- l’on autorise plus de telles dérives non contrôlées dans l’augmentation des primes ;

- l’évolution des primes des assurances soient basées sur un index médical et non simplement sur la répercussion des coûts des assureurs ;

- qu’une personne qui a cotisé toute sa vie puisse clôturer son contrat ou changer d’assureur sans perdre toute la provision ainsi constituée.

Notre groupe, en cohérence avec ses prises de position en commission puis en séance plénière, s’opposera à nouveau, demain, à ce projet.  Dans la majorité, en-dehors de quelques abstentions de façade, il est à craindre que la mobilisation citoyenne autour de ce dossier n’ait que fort peu d’impact.

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1 réponse jusqu'à présent ↓

  • Kermit // mars 19, 2009 à 12:21 | Répondre

    Ce qu’il faudrait c’est pas d’assurance hospitalisation du tout et que les soins de sante soient gratuits pour tous ou presque comme c’est le cas en Angleterre ou aux Pays-Bas.

    Mais la Belgique est bien trop influencee par les lobbies en tout genre, de l’ordre des medecins aux entreprises pharmaceutique pour se tourner vers une veritable couverture sociale pour tous.

    En Angleterre, les medecins sont presque des fonctionnaires de l’etat, ils prestent des heures dans des centres medicaux, si vous avez besoin d’un medecin il y en a toujours un disponible et c’est entierement gratuit. Evidemment la qualite s’en ressent mais sans en arriver la, n’est il pas possible de rompre en Belgique ce monopole de l’Ordre qui veut que, sous pretexte que les soins de sante c’est FONDAMENTAL et qu’il n’y a pas de prix pour la VIE, les medecins d’hopitaux publics gagnent des salaires de ministre pour des horaires tres souples qui leur laisse loisir de s’occuper a plein temps des patients qu’ils ont glane dans leur fonction et reoriente vers leurs cabinets prives.

    Aux Pays-Bas, les medicaments sont donnes aux patients dans le nombre exact de cachets qui sont prescrits (pas un de plus ni de moins, on ouvre la boite et on decoupe aux ciseaux le nombre d’Apranax prescrit), ce sont toujours des generiques quand ils existent et les medicaments dits “de confort” sont en vente dans les supermarches. Sans en arriver la, n’y a t’il pas un moyen d’empecher les medecins de sur-prescrire (pour justifier la semaine de seminaire offerte par la societe pharmaceutique sur une plage de Cuba) et de prescrire des medicaments inutiles aux frais de la collectivite. Et n’y a t’il pas moyen de les obliger a prescrire automatiquement le generique quand il existe.

    La tache est grande et les mesures prises sont tellement derisoires parfois.

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