Dans sa déclaration du 21 décembre, le Premier ministre intérimaire a mis l’accent sur la méfiance qui s’était installée dans la société. Le premier défi que se donnait le gouvernement, sa raison d’être, était donc de restaurer la confiance de nos concitoyens dans la chose publique.
Est-ce que ce gouvernement intérimaire réussira, dans les délais qu’il s’est fixé, à jeter les bases pour un tel regain de confiance ? Ce sera l’indicateur central de l’évaluation finale, le 23 mars prochain, de ce gouvernement particulier.
Pour ce qui les concerne, les écologistes se sont assignés pour principale mission le fait d’incarner une force d’opposition utile.
Utile pour le Pays et pour la solidarité fédérale. En demeurant contre vents et marées la seule famille politique travaillant ensemble, par delà la frontière linguistique. Une unité qui se vit au quotidien dans l’exercice inédit d’un groupe parlementaire commun bilingue.
Utile pour ses habitants. En veillant sans relâche à contrôler le gouvernement [ Utile, enfin, à la démocratie. Car, quel que soit l’état dans lequel les égos des négociateurs oranges et bleus et l’absence de méthode de négociation ont pu plonger le pays, le gouvernement intérimaire est loin de représenter l’idéal d’un gouvernement, capable de mener la Belgique sur la voie d’une bonne et saine gestion et d’un développement réellement durable.
Il est évidemment impossible de faire ici et maintenant l’inventaire de l’ensemble de ce travail d’opposition « utile », tel que nous l’annoncions dès le lendemain de la déclaration du Premier ministre Guy Verhofstadt. Pas plus que nous ne pourrions ici et aujourd’hui faire le reproche à un Gouvernement en exercice depuis un mois de ne pas avoir accompli l’ensemble de ses promesses.
Toutefois, il nous semblait nécessaire et intéressant, après 36 jours de fonction, soit au tiers de la durée de vie annoncée du Gouvernement intérimaire, de poser un regard rétrospectif sur ce qui a déjà été réalisé et de quelle manière, comme sur ce qui n’a pas encore été entrepris et nous paraît pourtant indispensable à mettre en œuvre.
Pour réaliser cette évaluation intermédiaire du gouvernement intérimaire, nous analyserons cinq dossiers qui ont marqué les 36 premiers jours de Verhofstadt III :
- La hausse du prix de l’énergie et l’extension du fonds mazout
- La négociation du « paquet » belge en matière de lutte contre le dérèglement climatique
- La marche arrière en matière de coopération au développement
- La préparation du budget 2008
- La détention des enfants et familles dans des centres fermés
Au-delà de ces cinq dossiers thématiques, notre regard se posera également sur toute une série d’éléments qui font (et défont) la vie d’un gouvernement, uni sous le sceau d’un mariage de raison… et qui n’aura pas connu la moindre lune de miel.
Tous ces éléments et toute notre analyse se retrouvent sur un nouveau site internet : www.2303.be