Au terme des négociations menées avec les partis de la coalition “Olivier”, voici les déclarations politiques pour la Région wallonne, la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté française et la COCOF.
1. Une vision partagée
Nous sommes à la croisée de tous les possibles et confrontés à une des crises les plus graves de ces dernières décennies. Il s’agit à la fois d’une crise économique, financière, sociale et environnementale. Il s’agit aussi d’une crise de valeurs et de sens de notre société.
De l’ambition de l’action politique des gouvernements dépendra la société de demain et l’avenir des générations actuelles et futures.
Dans ce cadre, l’objectif des différents gouvernements pour la Wallonie, Bruxelles et la Communauté française est double : il s’agit, tout d’abord, de faire face avec rigueur et vigueur à la crise et, parallèlement, de faire émerger, en Wallonie et à Bruxelles, une société fondée sur un nouveau modèle dynamique et mobilisateur de développement durable, humain et solidaire.
Pour y parvenir, les gouvernements ont décidé d’inscrire leur projet dans une stratégie commune et de déployer « une énergie partagée pour une société durable, humaine et solidaire » :
une énergie partagée, car non seulement les différents gouvernements ont fédéré leurs idées, leurs valeurs et leurs programmes pour offrir un nouvel élan aux citoyens mais en outre les différents gouvernements appartenant à l’espace francophone ont décidé de conjuguer leurs efforts et de renforcer leurs synergies d’action ; une énergie partagée car nous avons aussi besoin d’une dynamique forte de mobilisation collective qui rassemble les énergies de l’ensemble des citoyens et des acteurs socio-économiques, éducatifs et associatifs ;
une société durable, humaine et solidaire, car l’émancipation de chacun, l’épanouissement de tous, la solidarité entre les personnes, l’encouragement et l’affirmation de tous les talents, la transition vers le développement durable et la société de la connaissance, la défense de l’intérêt général, la promotion du sens de la citoyenneté, de l’initiative et de la tolérance sont les objectifs du projet de société que portent les gouvernements pour la Wallonie , Bruxelles et la Communauté française.
Anticiper les grands changements de notre civilisation et les évolutions climatiques ; inscrire résolument les Wallons et les Bruxellois dans la modernité, la durabilité et l’humanité ; investir dans la solidarité, l’intelligence , l’insertion et le respect de tous ; donner une place et un avenir à chacun ; changer profondément nos modes de vie, de consommation et de déplacement ; dynamiser et optimaliser l’action publique … tels sont les défis que les gouvernements relèveront, à la fois ensemble et séparément, au cours des cinq années à venir.
Pour remporter ces défis, il faudra bien sûr mobiliser tous les acteurs. Mais il faudra aussi réconcilier l’individuel et le collectif, l’économique et l’environnemental, les impératifs du futur et ceux du présent. Il faudra allier l’initiative et la protection, le marchand et le non marchand du secteur public et de l’associatif. Un consensus mobilisateur entre toutes les forces vives et citoyennes de nos Régions sera alors créé.
Durant cette législature qui débutera hélas dans des conditions budgétaires difficiles causées principalement par la crise financière internationale et partagées par l’ensemble des pays les gouvernements devront répondre conjointement à l’importance des défis éducatifs, économiques, sociaux et environnementaux. Ils le feront en investissant dans des politiques nouvelles ambitieuses, tout en faisant preuve de rigueur et de responsabilité budgétaire pour éviter de reporter sur les générations futures des charges excessives liées à la gestion du présent.
Aussi, dans un cadre budgétaire maîtrisé et une trajectoire responsable qui demandera des efforts collectifs, les gouvernements entendent éviter tout saupoudrage des politiques et concentrer leurs efforts pour investir de manière substantielle dans cinq secteurs prioritaires majeurs, à savoir :
le capital humain, c’est-à-dire dans un enseignement d’excellence pour tous, dans la formation, la recherche, l’innovation, l’intelligence et les talents de chaque citoyen ;
le redéploiement de nos économies vers le développement durable, avec le plan Marshall 2.Vert en Wallonie et son équivalent à Bruxelles. Ces deux démarches concrétisent à la fois la transition écologique de notre économie, le développement de nouvelles initiatives entrepreneuriales, la création de nouveaux emplois, l’accompagnement des personnes vers le monde du travail, l’investissement dans l’économie de la connaissance et l’organisation d’une nouvelle alliance emploi-environnement ;
les métiers du cœur et les politiques sociales via le développement des services aux personnes, créateurs d’emplois ;
la qualité de vie et le cadre de vie des citoyens par une politique de logement, de mobilité et d’environnement audacieuse répondant à la fois aux défis sociaux et du développement durable ;
la gouvernance publique afin d’opérer une nouvelle phase de réformes, visant à renforcer tant l’éthique que l’efficacité des outils publics et de renforcer la confiance entre l’Etat, ses mandataires et les citoyens.
La stratégie commune des gouvernements s’appuiera donc sur ces piliers qui guideront, durant les cinq années à venir, l’action conjointe des gouvernements régionaux et communautaire de l’espace Wallonie/Bruxelles.
Pour réussir leurs projets, les gouvernements éviteront l’écueil de la défense d’intérêts catégoriels ou trop individuels pour promouvoir des valeurs collectives fortes telles que la solidarité, la responsabilité, la créativité, le respect et le souci de l’autre et des générations futures.
Dans le contexte difficile que traversent nos Régions, les gouvernements font le choix de la recherche, de la créativité et de l’innovation pour porter un projet de société à la fois ouvert sur le monde et riche de ses multiples diversités : Wallonie/Bruxelles, ville/campagne, pluralité des âges, langages et cultures, réalités des bassins de vie, etc. Pour construire pas à pas cet « à venir », les gouvernements de la Région wallonne, de la Communauté française et de la CoCoF s’engagent, dans la foulée de ce qu’ils ont déjà réalisé lors de leur processus de formation, à associer les acteurs, à impliquer les forces vives de Wallonie et de Bruxelles et le monde associatif à la définition des grandes options de leurs projets. Ils rappellent également leur attachement à la concertation sociale.
C’est également ensemble que les différents gouvernements qui souscrivent à ce socle commun proposeront des solutions concrètes aux problèmes ponctuels et structurels rencontrés par les familles, les citoyennes et citoyens de Wallonie et de Bruxelles, que ce soit par rapport à l’école, l’emploi, l’accueil de leurs enfants, l’accessibilité à un approvisionnement énergétique, la mobilité, la création d’entreprises, l’environnement, la qualité et l’accès à un logement, la sécurité ou bien d’autres dimensions encore.
2. Une Fédération Wallonie/Bruxelles consacrant la solidarité francophone dans un Etat fédéral belge moderne basé sur trois Régions fortes et égales
Pour porter ce projet et établir une réelle stratégie commune de développement, les Wallons et les Bruxellois francophones s’organiseront entre eux afin non seulement de s’affirmer ensemble de manière plus forte et coordonnée mais aussi de répondre aux besoins d’une meilleure efficacité et complémentarité des politiques.
A cette fin, les gouvernements de la Région wallonne, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la CoCoF organiseront ensemble un réel pilotage commun qui reposera sur deux Régions fortes composant ensemble une Fédération Wallonie-Bruxelles tout aussi forte.
Aujourd’hui, les citoyens wallons et bruxellois francophones s’identifient fortement à leur Région. Les leviers importants dont ce niveau de pouvoir dispose pour rencontrer leurs besoins quotidiens y ont contribué. Les Régions sont des acteurs majeurs de notre paysage institutionnel et le fer de lance du développement socio-économique des populations qui en relèvent.
Cette réalité porte en elle la volonté de développer des synergies entre les Régions wallonne et bruxelloise et d’assurer un lien de solidarité efficace entre la Wallonie et Bruxelles. Wallons et Bruxellois francophones ressentent également un sentiment d’appartenance à l’espace francophone commun que constitue la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Les Wallons et les Bruxellois francophones ont tout à gagner à travailler ensemble dans un certain nombre de compétences communes, tant sur base de leurs Régions dont l’identité s’affirme progressivement, à Bruxelles comme en Wallonie, qu’à travers une institution commune optimalisée : la Fédération Wallonie/Bruxelles. Celle-ci incarne la solidarité francophone par un lien institutionnel permanent, tout en devant mieux prendre en compte les réalités régionales wallonne et bruxelloise dans la mise en œuvre de ses compétences propres.
La collaboration entre nos Régions concoure au même objectif de redressement régional et de mieux-être durable pour les Wallons et les Bruxellois.
Dans le même sens, les différents gouvernements continueront d’approfondir leur coopération avec celui de la Communauté germanophone.
Forts de cette nouvelle articulation, les responsables wallons et bruxellois contribueront également à la redéfinition du nécessaire équilibre institutionnel au niveau fédéral, à même de relever les défis d’aujourd’hui et de demain.
3. Des principes d’action en commun
La symétrie des compositions politiques des nouvelles majorités dépositaires de ce socle commun contribuera à renforcer la cohérence des politiques menées, à accroître leur efficacité et, partant, à relever les défis qui nous font face : défi social, défi environnemental, défi éducatif et défi économique.
Les gouvernements s’engagent en ce sens à amplifier le pilotage en commun et à augmenter les articulations et la cohérence des politiques. Ceci passera, notamment, par une présence plus significative de ministres régionaux – wallons et bruxellois – siégeant également au sein du Gouvernement de la Fédération Wallonie/Bruxelles, dans des compétences identiques ou connexes. Ce choix aura pour conséquence positive de renforcer la transversalité tout en réduisant le nombre global de ministres.
Par ailleurs, au-delà des compétences communautaires au sens strict, les gouvernements auront à cœur de développer une vision globale des enjeux. A cette fin, les gouvernements multiplieront les initiatives communes, coordinations formelles et informelles, politiques croisées, échanges, concertations et autres interactions. De même, conscients des difficultés actuelles, ils agiront dans un esprit de solidarité budgétaire, responsable et réciproque, entre les entités.
Sans préjudice de la visibilité propre de la Wallonie et de Bruxelles, cette volonté de coopération se manifestera également sur la scène internationale, notamment dans la préparation de la présidence belge de l’Union européenne du second semestre 2010.
Enfin, les nécessaires principes d’une gouvernance renouvelée, rigoureuse et renforcée, définis conjointement et consacrés dans les différentes déclarations gouvernementales seront mis en œuvre dans le même esprit volontariste en Wallonie et à Bruxelles et au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Les institutions sont, par principe, au service de la population. La Région wallonne, la Commission communautaire française de Bruxelles et la Fédération Wallonie/Bruxelles entendent agir en parfaite intelligence en partenariat avec la Communauté germanophone pour faire de la législature 2009-2014 un moment clef pour le développement solidaire et durable de la Wallonie et de Bruxelles, au bénéfice de tous les Wallons et de tous les Bruxellois.
4. Un Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles émanant des deux gouvernements régionaux
Les gouvernements estiment que les institutions porteuses du projet de solidarité entre Wallonie et Bruxelles doivent être revisitées afin que les politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’articulent mieux aux stratégies de développement régional. En effet, leurs compétences ne peuvent être séparées des enjeux démocratiques, socio-économiques et territoriaux qu’ont en charge les Régions sans toutefois qu’elles ne puissent s’y réduire.
L’adoption d’un socle commun aux déclarations de politique générale lie le Gouvernement de la Fédération Walllonie-Bruxelles, le Gouvernement wallon et le collège de la COCOF, sous le contrôle des différentes assemblées parlementaires concernées. Cette évolution constitue une avancée significative dans l’affirmation de cette articulation renforcée entre la Communauté et les Régions.
La présence renforcée de Ministres communs aux Régions et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, et l’attribution à la même personne de la Présidence du Gouvernement de la Fédération et du Gouvernement wallon indiquent également le sens dans lequel les gouvernements souhaitent aller. Le Gouvernement de la Fédération pourra se réunir, selon les circonstances, tant à Bruxelles qu’à Namur.
Une telle composition du Gouvernement de la Communauté française, centrée sur les matières communautaires, ira de pair avec l’amplification de la coopération des deux Régions dans les matières régionales ou pour la définition d’orientations politiques majeures d’intérêt commun, via les réunions conjointes des gouvernements régionaux, ou via de nouvelles formes de coopération interrégionale.
Pour renforcer les politiques croisées Régions/Communauté, des task forces et des réunions communes des gouvernements de la Communauté, de la Région wallonne, de Bruxelles capitale et de la CoCoF, notamment en matières sociales-santé, de tourisme-culture, emploi-formation-enseignement seront également mises en place. Le Gouvernement veillera en outre à ce que les organes de coordination, tels que le Comité francophone des politiques sociales et de santé, soient effectivement réunis.
Par ailleurs, lorsqu’il s’agit d’élaborer la stratégie francophone au sein de l’Etat fédéral, le Gouvernement sera élargi à tous les membres francophones des gouvernements de la Région wallonne, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région bruxelloise.
5. Plus de collaborations entre administrations
Les gouvernements souhaitent aussi rapprocher les administrations de la Communauté française et de la Région wallonne et de la CoCoF par les mesures concrètes suivantes :
tendre vers un statut commun, pour tous les agents des niveaux de pouvoir concernés, y compris en uniformisant les procédures de nomination aux grades de fonctionnaires dirigeants et en favorisant la mobilité des agents entre administrations des différentes entités ;
instaurer des synergies entre services publics et des institutions à compétence transversale, notamment en matière d’informatique administrative, de gestion des bâtiments, de services d’études, de prospectives et de statistiques, d’archives publiques,… ;
envisager la fusion des services de médiation et de simplification administrative ;
à défaut d’une évolution de la législation relative à la Cour des comptes pour lui permettre d’avoir une compétence de contrôle et de conseil à l’égard des organismes locaux et para locaux, constituer une « Cour des comptes » des entités fédérées, en s’inspirant du modèle de Cour des Comptes fédérale ;
en cas de défédéralisation du Selor, veiller également à ce qu’un office de recrutement commun soit mis en place ;
créer une école d’administration publique commune « Région wallonne – Communauté française – CoCoF » dispensant une formation de base et continuée de haut niveau ; en ce compris pour les fonctionnaires relevant des pouvoirs locaux.
6. Le renforcement des collaborations entre les trois Régions
Pour les gouvernements, les trois Régions gagnent également à amplifier leur coopération dans les matières régionales, en particulier lorsqu’une politique efficace exige de dépasser les frontières linguistiques (mobilité, emploi, …). Le Gouvernement continuera à encourager de telles collaborations qui, au-delà de l’exigence d’efficacité, participent aussi à une dynamique d’ouverture à l’autre, profitable à chacun. En particulier en matière économique, les premiers partenaires de la Wallonie sont Bruxelles et la Flandre. Une coordination des politiques économiques menées par les trois Régions pourrait renforcer l’impact des actions publiques. Dans ce cadre, une collaboration plus étroite devrait être développée avec la Région bruxelloise. La Wallonie compte des entreprises issues des secteurs primaire, secondaire et tertiaire alors que les entreprises bruxelloises appartiennent essentiellement au secteur tertiaire. Une coopération intelligente et équitable peut renforcer le développement économique de chacune des deux Régions.
Le Gouvernement propose de :
coordonner davantage les plans économiques régionaux, particulièrement avec Bruxelles (exemple : extension des pôles de compétitivité) ;
renforcer la cohérence des dispositifs de formation des Régions wallonne et bruxelloise afin d’optimaliser les qualifications de la main d’œuvre ;
valoriser les synergies entre les dispositifs de promotion internationale des Régions.













Sous le couvert du « Forum nucléaire » (www.forumnucleaire.be), le lobby nucléaire envahit tant l’espace public que de nombreux médias depuis quelques jours. Le coût de cette campagne de propagande est évalué à deux millions d’€.
Désireux d’obtenir quelques éclaircissements sur le futur emplacement de la cité des finances. Ecolo s’est inquiété au niveau communal comme au fédéral de la méthode employée par la ville et la régie des bâtiments pour décider de l’avenir de la tour des finances.

Les chefs d’Etat européens ont finalisé cette semaine un premier accord climatique. L’Europe devient en effet le premier continent à se doter d’objectifs de cette nature et c’est une étape nécessaire, importante dans le cadre de la négociation mondiale en cours, notamment à Poznan, et qui devrait aboutir l’année prochaine à Copenhague. Toutefois, on ne peut se réjouir que fort modérément lorsque l’on prend acte du contenu final de l’accord et du chemin qu’il reste encore à parcourir.










